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Né le 20 Mai 1743 près du Cap-Français (Cap Haïtien) de Pauline et Gaou Guinou, François-Dominique Toussaint Louverture (Toussaint de Bréda), finira ses jours le 7 Avril 1803, alors qu’il était incarcéré en isolement au fort de Joux, dans le rude climat du Doubs, en France. Toussaint n’a donc pu connaître la proclamation d’indépendance d’Haïti  le 1er Janvier 1804.

Il faut savoir que Toussaint sert d’abord comme esclave sur l’habitation Bréda, située sur le Haut du Cap au nord de l’île. Il est le protégé du gérant Bayon de Libertat qui lui aurait accordé une « liberté de savane » ; en d’autres termes, il bénéficie de la liberté de mouvements sans l’affranchissement. En 1776 Toussaint est totalement libre. Il aurait été affranchi entre les années 1760 et 1770. Une fois affranchi, Toussaint prend comme patronyme « Bréda », le nom de l’habitation dont il avait été l’esclave. En 1779, on retrouve Toussaint Bréda à la tête d’une habitation produisant du café au Petit-Cormier et comportant 13 esclaves parmi lesquels un certain Jean-Jacques qui n’est autre que son futur successeur et empereur Dessalines.

Toussaint Louverture décida, après la trahison de ceux qui lui avaient été jusque là fidèles, de se rendre à Leclerc qui lui permit de se retirer dans ses terres à Ennery. “A l’aube du 6 mai 1802, il met son plus bel uniforme, son tricorne à plume et ses trente-cinq décorations. Il s’arrête sur un plateau qui domine le Cap et fait mettre les quatre cents hommes qui l’ont accompagné à cheval sur deux rangs. Il leur parle pour la dernière fois en homme libre, d’une voix douce, calme et troublée par l’émotion. Il confie ensuite le détachement au capitaine Morisset en lui ordonnant de descendre sur le Cap et de se mettre à la disposition de Leclerc.” La chute de Toussaint Louverture provoque un coup d’arrêt de la Révolution de Saint Domingue. Trop progressiste pour Bonaparte, trop réactionnaire pour les cultivateurs, le régime de Toussaint Louverture ne semble satisfaire personne, à l’exception de la nouvelle élite de militaires de couleur, grande bénéficiaire du nouvel ordre. C’est finalement dans une certaine indifférence que le 7 Juin 1802 Toussaint Louverture est déporté en France. Il est embarqué avec sa famille sur la frégate la Créole et transbordé au large du Cap-Haïtien sur le Héros qui le transporte à Brest. Enfermé au fort de Brest le 14 Juillet 1802, il est transféré huit jours plus tard avec son fidèle serviteur Mars Plaisir au fort de Joux où il meurt le 7 Avril 1803, après un hiver très rude.

Sa famille restée à Brest était composée de sa femme Suzanne-Simone Baptiste Louverture et leurs enfants Placide, Isaac et Saint-Jean Louverture.

On se souvient tous de cette légendaire citation de Toussaint Louverture. Des mots qu’il aurait prononcés le 7 Juin 1802, au moment où il allait monter sur le navire Le Héros qui le déporte en France avec sa famille.  « En me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté, mais il repoussera par ses racines, car elles sont profondes et nombreuses ».

Par Pradel SAINT-FLEUR

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