Léogâne, première capitale de la colonie
juillet 30, 2017

En matière artistique, les goûts ne se discutent pas. Bien entendu, il est ici question de l’art dans son sens le plus large.

Avant même de poursuivre avec le sujet sur lequel nous nous penchons aujourd’hui, rappelons les différentes formes d’expression artistique que nous connaissons : la musique, la sculpture, la peinture, la danse, la poésie, le cinéma et le dessin. Ces arts ont des caractéristiques particulières qui font appel à la lumière, la couleur, la mélodie, la prononciation, etc.

Il y a cependant lieu de ne pas oublier les grands domaines artistiques que sont : le langage (littérature, romans, contes), le son (musiques, œuvres, chansons, opéra, instruments), l’espace (architecture, urbanisme, paysages), le visuel (dessin, photographie, peinture, sculpture, graphisme, numérique, cinéma), le quotidien (gravure, décoratif, tapisserie, design), le spectacle vivant (danse, cirque, théâtre). Autant de sujets qui peuvent susciter de l’intérêt pour certains d’entre nous.

La musique est un art particulier qui fait appel à au moins deux de nos sens, l’ouïe et la vue. Elle est la jauge qui permet de déterminer l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons à un moment précis de notre existence. Ainsi chaque peuple a recours à ses propres traditions musicales qui lui procurent le bien-être tant recherché. Le peuple haïtien n’en est pas moins concerné.

Malgré les aléas de son difficile quotidien, le peuple haïtien est danseur et chanteur. C’est inné. Il fait souvent fi de ses problèmes au profit de quelques moments de dépaysement musical. Que ce soit en tant que donateurs (créateurs/interprétateurs) ou bénéficiaires (public), les Haïtiens profitent bien de la pose nécessaire qui est régulièrement prise pour se réunir entre potes et apprécier ensemble les bienfaits de la musique qui, pour soi, n’a pas besoin d’être trop élaborée ou sophistiquée. Un tambour et une voix suffisent déjà à faire danser. Les styles Troubadour et Acoustique en sont de parfaites illustrations.

 

Souvent, les différentes couches de la société se retrouvent, en fonction de leurs moyens, goûts et possibilités dans de nombreuses festivités privées ou publiques, organisées dans le but essentiel de divertir le plus grand nombre. Pendant que certains se rendront dans une salle de concert, d’autres iront au bal ou dans une kermesse. Tandis que, plus modestement, des fêtes ou animations de quartiers, avec disc-jockeys ou groupes improvisés, permettront à beaucoup de goûter au bonheur que procure la musique. Mais la plus grande et incontournable manifestation festive et musicale du pays reste le carnaval national dont l’Etat est le principal organisateur. On y constate la vraie force que peut engendrer l’union des Haïtiens. Cette fête populaire fera certainement l’objet d’un traitement plus approfondi dans une de nos prochaines publications.

 

Etre Haïtien, sans considération de la nature de son passeport, ses comptes bancaires, possessions terrestres, immobilières ou mobilières, c’est être sensible aux sons des tambours et de la voix. Cela s’appelle la magie de l’art musical.

Par Pradel SAINT-FLEUR

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