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Le dilemme de la jeunesse haïtienne

Par Pradel SAINT-FLEUR

Dans tous les pays du monde, les jeunes sont encadrés, formés et respectés. Les sept millions de jeunes haïtiens, sur une population de douze millions, n’en demandent pas plus à leurs « responsables » politiques. Ils n’en demandent même pas autant. Dans un premier temps, l’encadrement et la formation leur suffiraient. Malheureusement, rien de tout cela ne leur est attribué.

Du coup, ils essaient de trouver un certain bien-être sous d’autres cieux. Chaque jour, à l’aéroport international Toussaint Louverture, le spectacle de centaines de jeunes qui quittent le pays à destination, notamment, du Chili est ahurissant. Pour peu qu’on soit amoureux de la nation haïtienne, on aura mal au cœur de voir tout ce potentiel humain, toute cette main d’œuvre partir sans savoir ce qui les attend.

Loin de nous de vouloir blâmer ces jeunes. Avant tout, ils ne cherchent qu’à vivre décemment, comme des êtres humains. Depuis des décennies nous changeons de gouvernement, mais rien n’a changé pour la jeunesse. Les élus et autres nantis de la nation font croire qu’ils travaillent pour son avenir, mais cet avenir semble si lointain que nous ne voyons jamais de résultats probants. Outre des programmes improvisés qui ne résolvent rien réellement, aucune stratégie n’est mise en place pour arrêter définitivement cette hémorragie au sein de cette frange de la population.

Il fut un temps où les jeunes avaient des projets et des loisirs dans ce pays. Ils avaient la vocation de devenir de grands professionnels dans de nombreux domaines. Ils en voulaient. Il y avait de nombreuses salles de cinéma, des clubs littéraires existaient, le théâtre faisait partie de notre environnement. Jadis, courtiser une fille voulait dire quelque chose. Sortir avec une fille avait un sens, car le choix du lieu où on pouvait se rendre existait. Que reste-il de tout cela ? Les autorités politiques sont-ils assez intelligents pour pouvoir percevoir ce mal ? Que conseillent les dizaines (voire les centaines) de conseillers qui vivent des bienfaits de la République ? Sommes-nous devenus aveugles ?

La jeunesse d’Haïti n’a pourtant rien fait de mal. Elle ne demande rien d’extraordinaire. Elle veut simplement vivre dignement en servant courageusement son pays. Est-ce si compliqué de s’occuper des siens ? Une fois que tous les jeunes auront quitté le pays, que ferons-nous de ce bout de terre ?

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